Soleil Nocturne

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 6 juin 1944, un débarquement attendu

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Lossiel
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MessageSujet: 6 juin 1944, un débarquement attendu   Mer 19 Juil - 22:50

(source: http://histgeo.free.fr/guerremondiale.html)



Le 6 juin 1944, le jour du débarquement, la situation militaire est très favorable aux alliés. Depuis les victoires de 1942, Anglais, Soviétiques et Américains ont redressé la situation et progressent vers l'Europe dans l'objectif de mettre fin au nazisme. Les Américains ne peuvent qu'envisager un débarquement pour soutenir l'effort de guerre soviétique sur le continent.

La participation au débarquement est éclectique : Polonais, Belges, Canadiens, Norvégiens, Néerlandais et Français embarquent avec les Anglais et les Américains. La nécessité d'un débarquement fut évoquée lors de la conférence de Casablanca en 1943 (janvier). En décembre, au Caire, l'idée prit corps. Le général Eisenhower est alors nommé commandant de l'opération "overlord". Trois débarquements ont déjà précédé en Afrique du Nord, en Sicile et en Italie. Il y eut aussi un précédent à Dieppe (19 août 1942) qui acheva par un fiasco. 3 379 hommes furent tués ou faits prisonniers soit la moitié de l'effectif. Les alliés comprirent qu'il leur fallait être attentif au moindre détail, par exemple à la nature du terrain.

Ainsi Churchill a l'idée, pour débarquer hommes et matériel, de faire construire des ports artificiels. Le débarquement doit se dérouler près des côtes pour pouvoir profiter de l'appui de l'aviation : c'est-à-dire à moins de 240 km. En janvier 1944, Eisenhower installé à Londres réfléchit à tous les aspects de la question. 1 200 000 soldats américains se rassemblent dans le sud de l'Angleterre. Ils sont venus à bord de navires de guerre : les Queen Mary et Queen Elizabeth dans un océan Atlantique infesté de sous-marins. Au début de 1944, on compte 750 000 Américains avant que n'arrivent près de 137 000 engins à roues ou à chenilles, 4 200 autres véhicules, 3 500 pièces d'artillerie et 750 000 tonnes de matériel à partir de cette date.

De nouvelles armes sont utilisées à cette époque pour surmonter les problèmes logistiques : le tank "crocodile" est par exemple capable de jeter des flammes sur les blockhaus. Les GI's appelent la jeep "Pulmonia Wagon" (véhicule pour attraper une pneumonie). En 1941, l'usine Willys de Toledo sort une jeep toutes les 80 secondes. Comme il n'y a pas de clé de contact, le propriétaire doit emmener une pièce essentielle du véhicule pour empêcher le vol. Sur les 640 000 jeeps construites pendant la guerre, 250 000 sont perdues au combat. En outre, des stations de pompage sont construites sur la côte sud de l'île de Wight et le pétrole est acheminé par un pipeline sous l'océan (opération PLUTO Pipe Line Under The Ocean). De plus, Eisenhower est à l'origine de la fabrication de chars amphibie DD (Duplex Drive, "Donald Duck"). Des péniches de débarquement sont enfin fabriquées.

L'opération "Fortitude" (courage) est destinée à tromper l'adversaire sur le lieu de débarquement. Même la Résistance crût un moment à un débarquement en 1943 : les réseaux prirent -pour l'anticiper- des risques inconsidérés ce qui provoqua des arrestations. Il apparaît aujourd'hui que les services anglais ont délibérément fait capturer des agents pour que, sous la torture, ils livrent de faux renseignements sur un débarquement dans le Nord-Pas-de-Calais. Les Alliés profitèrent des renseignements et de la préparation du terrain par la Résistance : sabotages des voies de communication, des transmissions, des entrepôts de carburants, brouillage des itinéraires des troupes allemandes qui remontent vers la Normandie. Les vers de Verlaine prononcés à la radio de Londres ne donnèrent de renseignements que sur la date et à un seul réseau : "Les sanglots longs des violons de l'automne bercent mon cœur d'une langueur monotone" fut le message dicté en deux fois. Toute la Résistance se mit en action le même jour pour créer un climat d'insécurité dans le camps Allemand (3 040 km de voies ferrées furent par exemple détruites). Début juin la radio de Londres donna le vrai signal : "Ouvrez l'œil et le bon" ; "Tout le monde sur le pont" ; "Messieurs, faites vos jeux" ; "Le gendarme dort d'un œil" ; "Les carottes sont cuites" ; "Les dés sont sur le tapis" ; "les enfants s'ennuient le dimanche", autant de messages pour prévenir les Résistants d'entrer en action.

Avant le Jour J, des leurres sont placés pour être vus des avions espions allemands dans le Kent (des engins en caoutchouc ou en contreplaqué). Le groupe armé Patton se dote d'un quartier général imaginaire qui émet de faux messages. Les zones de déploiement sont définies à ce moment : les Américains débarqueront à Utah et Omaha Beach ; les Britanniques et les Canadiens à Gold, Juno et Sword. Le Jour J, 50 000 hommes, 1 500 chars, 2 500 véhicules, 3 000 canons débarquent. La date a été fixée en fonction de paramètres précis : le débarquement doit se dérouler à l'aube ; la mer doit être à mi-marée et ce jour doit être un jour de pleine lune pour aider les avions.

En face, derrière le mur de l'Atlantique (12 000 ouvrages bétonnés avec 4 000 bouches à feu), l'armée allemande attend l'adversaire. Depuis mars 1944, la Wehrmacht compte 1 600 000 hommes dans le secteur sous les ordres de Von Rundstedt, supérieur de Rommel. Rommel, l'homme de l'Afrikakorps, est chargé en novembre 1943 d'une mission d'inspection du mur de l'Atlantique, il est promu en janvier 1944 commandant en chef des armées de la Hollande à la Loire. Mais les hommes sont fatigués et le meilleur matériel est sur le front de l'Est. Dans ces circonstances, Rommel fait preuve d'ingéniosité : ses hommes installent des "asperges", des tétraèdres d'acier sur les plages. Le soir du 4 juin, il prend pourtant la route de l'Allemagne, pour rejoindre sa femme dont l'anniversaire est le 6 juin. Le temps est épouvantable. Rommel est persuadé que les alliés ne vont pas agir maintenant. Il n'est donc pas là le jour J.

Le 6 juin, les premiers navires se rassemblent au sud de l'île de Wight, au lieu appelé "Piccadilly Circus". À partir de 21 heures, les messages à la BBC sont envoyés à la Résistance. L'opération débute à 0h15 par le parachutage de 360 hommes ; 0h20 : 180 Anglais arrivent sur le canal de Caen et sont chargés de nettoyer la plage. 0h50 : parachutage raté sur la rive droite de l'Orne (beaucoup de soldats meurent noyés dans les marais) ; 1h30 : nouveau parachutage pour dégager les routes qui partent de la plage Utah ; 2 heures : Hitler dort et les Allemands tardent à se mettre en route. 3 heures, les premières barges sont mises à la mer ; 4h40 : première vague d'assaut qui arrive dans une mer déchaînée, à 15 km des côtes. Il faut deux heures aux soldats pour arriver jusqu'aux plages. Ils sont trempés, gelés, malades. 5-6 heures : début de bombardements depuis la mer avec une grande imprécision en raison du brouillard ; 6h30 : beaucoup de chars ont coulé, les soldats qui débarquent sont décimés... 10 heures : Hitler est réveillé mais ne croit pas au vrai débarquement. 16 heures : retour de Rommel. 22 heures, la BBC déclare : "Courage, c'est commencé ! A demain...". Le 8 juin, les alliés disposent d'une bande littorale de 56 kilomètres. À Omaha Beach, l'opération a été rendue difficile par la présence d'une unité d'élite de l'armée allemande : les pertes s'élèvent à 14 000 hommes. Hitler est encore persuadé que le salut viendra des armes secrètes préparées par le Reich comme les V1 qui commencent à tomber sur Londres.

Un soldat allemand, témoin du débarquement, avoue son désarroi : "Nous avions beau avoir vingt ans et afficher l'insouciance de notre âge, nous savions tous que la fin approchait. Dans la soirée du 6 juin, il était devenu clair que les envahisseurs avaient pu mettre pied sur les plages de la lointaine Normandie, que le "Mur de l'Atlantique" n'avait pas tenu ses promesses."

Le 14 juin débarque le Général de Gaulle.

Plan du débarquement

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